Ciel de Novembre

Publié le par Théia




Un pli soucieux barrait son front.  La matinée approchait bientôt de l’heure du midi, et l’ombre persiste encore entre les murs de sa maison.  L’ombre.  Et une angoisse sourde, indéfinissable…  Elle regarde par la fenêtre.  Les toits de la ville s’appesantissent sous un ciel lourd à mourir… « Il va neiger ? » s’interrogeait un voisin.

C’était un ciel de Novembre… La terre se désolait de l’enfouissement de Perséphone au sein des Enfers.  Et les pleurs de Déméter ruissellent jusqu’au profond des caves, comme un long sanglot à la voix rauque…  Songeuse, elle écoute la manifestation de ce mystère.  Elle se sentait en territoire connu.  Etrangement…  Son cœur s’emplit de douceur.  L’angoisse s’estompe… Soudain, une forte bourrasque heurte sa demeure.  Les fenêtres en tremblent et les portes soubresautent.  Elle jette un coup d’œil rapide sur le jardin.  Les meubles se sont-ils envolés ?...  Non.  Ils résistent bien.  Mais le ciel !  Comme il est clair !  Le gris de plomb recule devant l’azur naissant.  Une lumière d’or déferle sur les toits en fête de la ville… Elle ouvre sa porte.  Sur le seuil, quelques feuilles calligraphient leurs verts et leurs jaunes sur le bleu de la pierre.  Elle remercie le Vent pour ce présent.

L’élan créateur l’envahit de sa sève bienfaisante.  Son corps pétille sous l’effervescence des mots qui jaillissent en tous sens.  Elle sourit de plénitude.



En écoutant David Bowie...

Image:
Perséphone et Hadès (vase grec du IVè siècle av. J.-C.)
in La grande déesse-mère (Shahrukh Husain)
ed. Taschen GmbH 2001

Publié dans L'Intime

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I
<br /> Vive David Bowie ! :-)<br /> <br /> <br />
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T
<br /> En fait, je constate que la chanson Rock'n'roll suicide m'inspire pas mal ainsi que The man who sold the world...<br /> <br /> <br />
L
<br /> J'aime ces feuilles calligraphiant leurs couleurs sur le bleu de la pierre ... Merci pour cette poésie puisée dans les sources anciennes.<br /> <br /> <br />
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T
<br /> Bonsoir Lily,<br /> <br /> Les sources anciennes, notre mémoire collective...<br /> <br /> Merci pour ton passage dans ma blancheur.<br /> <br /> <br />
V
<br /> Il y a des passages magnifiques ! Comme :<br /> "les pleurs de Déméter ruissellent jusqu’au profond des caves, comme un long sanglot à la voix rauque… "<br /> Ou :<br /> "les feuilles calligraphient leurs verts"...<br /> Oui, ces bourrasques de l'automne sont magnifiquement retranscrites à travers le mythe de Déméter. Je n'y avais jamais songé...<br /> <br /> <br />
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T
<br /> Merci Valentine, pour ton encouragement...<br /> Il est vrai que je suis pétrie de ce mythe grec.  J'y reviendrai sans doute encore, selon mon vécu...<br /> <br /> Amitiés,<br /> <br /> <br />